Mayotte
est animée de rythmes d'autrefois qui résonnent
encore lors des fêtes traditionnelles et agricoles. Bercée
par les traditions orales, l'île a gardé intacts
les chants et les danses d'antan, témoins de son passé.
Entre la côte est africaine et
Madagascar, Mayotte possède
une tradition musicale ancestrale, résultat de métissages
culturels propres à toute île.
L'influence du monde bantou et swahili de la côte orientale
de l'Afrique s'est opérée ici à travers
des échanges séculaires. Déjà au
11e siècle, bien avant
l'islam, les Arabes connaissaient
cette route entre les deux côtes de l'océan Indien,
l'Afrique et l'Asie mineure.
Installés le long de la côte africaine, ils partaient
ensuite vers les îles avoisinantes. Jusqu'à l'époque
récente de la
colonisation, Mayotte a eu des contacts
constants avec l'Afrique, d'où l'origine de la plupart
des
instruments traditionnels. Si la tradition est garante de
l'histoire à travers ses us et coutumes, ce sont les
instruments qui ont véhiculé des dunes des chants
et des danses jusqu'à nos jours.
A Mayotte, la musique, tout droit sortie de la tradition orale,
au travers des instruments qui l'accompagne. Entre Madagascar,
leur origine reste vague. Un trait saillant de cette culture
musicale est, sans doute, l'utilisation d'instruments communs à d'autres
îles et archipels de l'océan
Indien occidental. Ces instruments, dont on conserve encore
l'art de la fabrication, ont eu la particularité de se
transformer et de s'adapter d'un pays à l'autre, d'un
rythme à l'autre, ce qui rend difficile la détermination
précise de la provenance.
A Mayotte, les instruments, ainsi que les danses, sont essentiellement
d'origine africaine. Toutefois des similitudes avec les instruments
malgaches laissent penser que l'île a reçu l'influence
musicale de Madagascar.
C'est le cas du
dzendzé,
assimilé au
valiha de Madagascar, mais que les
anciens de affirment avoir vu pour la première fois au
début du XXe siècle, à l'arrivée
des « travailleurs engagés » de l'Afrique
orientale.
Ce sont donc ces Africains, employés dans les exploitations
sucrières de l'île, que les anciens Mahorais appellent
encore « daddy laï » (grand-père), qui
auraient importé les instruments et certaines danses
pratiquées encore aujourd'hui.
Ces instruments traditionnels constituent des témoins
incontestables d'un passé autrement effacé ...
Ils occupent une place fondamentale au cours de toutes les manifestations
traditionnelles.
Leur fabrication est confiée au savoir-faire des «
fundi », ces maîtres garants de la perpétuité
de la tradition. Grâce à ces artisans, il est encore
possible de retrouver toute une panoplie d'instruments musicaux
originaux, qui vont sûrement disparaître si la transmission
de ce savoir n'est pas assurée.