Quels projets
pour Mayotte?
Les
élections à Mayotte, à l'instar des autres DOM (et
même de la Corse), n'ont rien à voir avec celles de la métropole.
Certes, des particularités structurelles expliquent en partie ces
différences. Certes, les préoccupations des électeurs
ne sont pas les mêmes à Mtsangamouji qu'à Revigny-sur-Ornain
. Mais il est certains chiffres qui laissent perplexes :
Ces
deux chiffres amènent à certaines réflexions et moultes
interrogations :
Lors
des dernières présidentielles,
le taux d'abstention tournait autour de 59% (59,02 et 58,8%) pour un scrutin
qui concernait un candidat bien lointain... Près de 4% d'abstentionistes
en plus pour une élection locale. Cela voudrait-il dire que les
mahorais attendent plus des décisions prises en métropole
qu'à Mayotte? Que la politique de Mayotte se fait à Paris?
Si tel est le cas, cela voudrait dire que les électeurs vont à
l'encontre des changements structurels en cours et ne sont pas près
de prendre leur destin en main.
Il
y a une autre explication, beaucoup plus inquiétante pour l'avenir
de l'ile : A Mayotte, on ne vote pas pour
un programme ou pour des idées. On vote pour le parent, le cousin,
l'ami, le voisin, avec l'espoir qu'une fois élu, le candidat sera
à même d'apporter un avantage quelconque à l'électeur
docile. C'est ce qu'on appelle le népotisme. C'est malheureusement
lui qui prévaut ici. Qu'importe le projet! L'important c'est d'être
aux manettes et de pouvoir faire bénéficier son entourage
des retombées. Dans ce cas, si l'on ne fait pas partie de cet entourage,
pourquoi se déplacer pour aller voter?
Il
existe une autre explication à cette paresse électorale
: le manque de culture politique. En à peine plus de deux décennies,
Mayotte est passée du statut de colonie avec tout ce que cela suppose
de décisions imposées sans consultation à celui de
quasi-département. L'éducation civique indispensable à
un comportement citoyen n'a pas suivi. Il n'y a guère qu'une dizaine
d'années qu'un enseignement digne de ce nom a commencé à
se mettre en place, laissant le champ libre à l'école coranique
qui est loin d'être un modèle en matière de développement
d'esprit critique et d'auto-détermination.
On
ne peut passer sous silence le manque d'imagination et de réalisme
des programmes électoraux. Comment peut-il y avoir débat
démocratique alors que les programmes reposent tous sur les mêmes
ressorts : les jeunes, les vieux, le tout saupoudré de nouvelles
routes. Si les candidats avaient la possibilité de mettre leurs
programmes à exécution, chaque village se verrait au moins
doté d'un lycée et d'un hôpital... Alors qu'en matière
de santé, par exemple, on en est à défendre l'existant
puisque certains dispensaires sont menacés, suivant en cela la
logique qui prévaut en métropole... Bien souvent, ces "promesses
électorales" ne sont même pas du ressort de la collectivité
départementale, mais de l'Etat (santé, lycées...).
En fait, et quelques candidats le reconnaissent, les programmes sont un
conglomérat de ce que les électeurs ont envie d'entendre...
Si la méthode n'est pas propre à Mayotte, ici, cela prend
une ampleur caricaturale.
Gageons
que devant l'impossibilité de tenir ces programmes, l'abstention
ira croissant au cours des prochains scrutins...
E.T.
28-03-2004
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Composition
du nouveau Conseil général
19 membres :
- 2 MRC
- 1 DVG
- 6 MDM
- 1 MPM
- 9 UMP
Composition
de l'assemblée sortante :
19 membres :
- 1 PS
- 2 MRC
- 7 UMP
- 6 MDM
- 3 MPM
Président sortant
: Younoussa Bamana (MPM)
2
avril 2004 : élection du président du Conseil général.
FRAP : Force
de Rassemblement et d’Alliance pour le Progrès MDM
: Mouvement Départemental mahorais MPM : Mouvement Populaire
Mahorais
UMP :
Union pour la Majorité Présidentielle
Ils
font la politique de Mayotte
Portrait des femmes (?) et hommes politiques à Mayotte
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