Culture et éducation
(Sources : rapports du Sénat)
L'article L. 3551-22 nouveau du code général des collectivités
territoriales attribue à la collectivité départementale
une compétence générale en matière de culture.
En effet, les communes ne disposant que de faibles moyens financiers,
les services culturels (bibliothèques, conservatoires, écoles
des beaux-arts...), qui sont habituellement organisés par les
municipalités, seront à Mayotte mis en oeuvre en partenariat
avec la collectivité départementale.
La collectivité départementale définira donc, au
vu des propositions que lui adresseront les communes, les actions qu'elle
entend mener en matière de diffusion artistique et culturelle
et d'enseignement artistique. Le troisième alinéa prévoit
aussi que la collectivité départementale pourra conclure,
après consultation du conseil de la culture, de l’éducation
et de l’environnement, des conventions avec les sociétés
publiques du secteur audiovisuel pour promouvoir le développement
des langues et de la culture mahoraises.
La collectivité
départementale exercera donc des compétences culturelles
qui relèvent normalement des régions d'outre-mer (art.
L. 4433-25et L. 4433-27 du code général des collectivités
territoriales), comme le développement des langues régionales
ou la diffusion de l'enseignement artistique ou musical.
L'article L. 3551-23 prévoit que la collectivité départementale
détermine un programme d'activités éducatives complémentaires,
après consultation du conseil de la culture, de l'éducation
et de l'environnement. Un plan de renforcement de l'apprentissage du
français et des actions de développement de la langue
et de la culture mahoraises peut ainsi être proposé, ses
modalités d’application faisant l’objet d’une
convention entre la collectivité départementale et l’Etat.
Une telle convention est prévue par l’article L. 4433-25
relatif aux régions d’outre-mer. Ceci devrait permettre
à la collectivité départementale d'obtenir des
crédits spécifiques de la part de l'Etatpour financer
ces activités.
L’apprentissage
du français représente un défi majeur pour Mayotte.
En
effet, près de 75% de la population
ne parle pas français, les langues maternelles de la
population étant le shimaorais (une langue bantoue) et le shibushi
(un dialecte malgache parlé dans certaines communes). Grâce
à la scolarisation des enfants (assurée à 95%),
l’usage du français se développe rapidement parmi
la jeune génération, ce qui permet d’être
assez optimiste pour l’avenir, les moins de vingt ans représentant
plus de 60% de la population.
Par
ailleurs, la mise en place d’écoles maternelles se poursuit,
l’objectif de scolarisation de tous les enfants de trois ans n’étant
cependant pas atteint. Or, il convient de sensibiliser les enfants dès
leur plus jeune âge afin d’atteindre un véritable
bilinguisme.
La question de la maîtrise du français par les instituteurs
se pose également s’agissant des plus anciens d’entre
eux recrutés dans les années soixante-dix.
Par ailleurs, la
forte immigration pose également la question de l’apprentissage
de la langue par les immigrés et de la scolarisation de leurs
enfants. Il existe une réticence de la population locale à
accueillir ces enfants dans les écoles. Pourtant, s’ils
ne sont pas scolarisés, les efforts considérables déployés
en matière d’éducation risquent d’être
annihilés.
En outre, le groupe local de réflexion sur l'avenir institutionnel
de Mayotte avait suggéré de revoir les méthodes
d'apprentissage du français et de valoriser les
langues locales de Mayotte, une des solutions préconisées
pour parvenir à un réel bilinguisme étant la création
d'ateliers d'apprentissage ludique pour les enfants entre 6 et 12 ans.
La convention prévue par le présent article pourrait décider
de développer ces orientations.
La maîtrise du français constitue un élément
essentiel de la réussite de l'intégration dans la République
française.
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