La production d'électricité à Mayotte
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La production d'électricité à Mayotte

Dernière modification le : Lundi 19 Février 2007 à 18:23:12.

Pendant longtemps, les îles de la région ont basé leur production d'électricité sur le pétrole, et rien d'autre. Mais les considérations écologiques - risques de naufrage comme ce qui s'est passé en France avec l'Erika, dégazages en pleine mer, pollution de Patmosphère par la combustion du pétrole - ainsi que l'augmentation du prix de l'or noir, poussent à réfléchir à des alternatives au tout pétrole. Outre la maîtrise de la consommation d'électricité, les énergies renouvelables sont une solution. A Maurice voilà plus de dix ans que la bagasse et le soleil permettent de limiter l'importation d'hydrocarbures. A Madagascar, la Réunion, les Comores, on commence à étudier les possibilités qui s'offrent dans chacune des îles,

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La production d'électricité à Mayotte

Electricité : des idées pour limiter l'importation de pétrole

Pendant longtemps, les îles de la région ont basé leur production d'électricité sur le pétrole, et rien d'autre. Mais les considérations écologiques - risques de naufrage comme ce qui s'est passé en France avec l'Erika, dégazages en pleine mer, pollution de Patmosphère par la combustion du pétrole - ainsi que l'augmentation du prix de l'or noir, poussent à réfléchir à des alternatives au tout pétrole. Outre la maîtrise de la consommation d'électricité, les énergies renouvelables sont une solution. A Maurice voilà plus de dix ans que la bagasse et le soleil permettent de limiter l'importation d'hydrocarbures. A Madagascar, la Réunion, les Comores, on commence à étudier les possibilités qui s'offrent dans chacune des îles,
Jusqu'ici en retrait, Mayotte aussi s'ouvre aux voies alternatives. Une approche encore trop timide, qui pourrait se développer dans les années à venir, afin de limiter la dépendance aux hydrocarbures tout en répondant à la croissance êconomique. Le vent, mais aussi le soleil, le bîogaz, le charbon sont des possibilités.

L'électricité à Mayotte : une arrivée récente.

1977. L'électricité est récente à Mayotte. C'est en 1977 que la première centrale électrique volt le jour, en Petite Terre. Mamoudzou West électrifiée qu'en 1978, avec la mise en service de la centrale de Kawênî. La première ligne moyenne tension est réalisée en 1985 : elle permet d'alimenter la commune de Koungou.

1987. La deuxième étape importante débute en 1987 avec la mise en service de l'actuelle centrale de production des Badamim et de la liaison sous-marine reliant Petite à Grande Terre. La construction du réseau de distribution couvrent l'ensemble du territoire débute en 1990. Le dernier village a être électrifié est Choungui, en 1993.

En 2002, EDM a produit 120.900 MWh. En 2010, cette production pourrait atteindre plus de 500. 000 MWh

100% de l'électricité consommée à Mayotte est produite par la combustion d'hydrocarbures; dans la centrale des Badamiers, qui en 2002 a consommé 29.655 m3 de combustible.

D'énormes tankers remplis de pétrole qui, jour après jour, traversent le lagon pour rejoindre les Badamiers ou Longoni. Et risquent de s'èchouer... Un accident et voilà que l'un deux chavire, déversant dans sa mort lente des milliers de mètres cube d'hydrocarbures, tuant poissons et coraux, défigurant côtes et barrière de corail. Nous n'en sommes pas encore là, mais, cette vision d'un cauchemar vécu récemment par les Bretons et les Basques - avec l'Erika et le Prestige - n'est pas impensable à Mayotte. Au contraire.

Depuis 20 ans, l'île connaît une croissance économique exceptionnelle et donc de sa consommation d'électiricité, "Pendant longtemps, elle a été de 15 à 20% par an", indique Denis Girard, directeur d'Electricité de Mayotte (EDM). '"Aujourd'hui elle varie entre 9 et 12 % Cela reste très élevé, comparé aux taux de la métropole (1%) ou des Dom (4 à 5%)". Or, qui dît croissance économique dît obligatoirement augmentation de la consommation d'électricité : ces deux domaines sont intimement liés.

En moins de trente ans, EDM est ainsi passé de 150 à près de 30.000 clients. Sa production a sans cesse augmenté. En 2004, l'entreprise a produit 122 Gw contre seulement 77 voilà à peine quatre ans (+58 %). En 1985, elle produisait au plus fort de la demande dans la joumée, 1.550 MW ; aujourd'hui, elle fournit 24.500 Mw toujours au plus fort de la demande... Et ce n'est pas fini. Car si "à un moment donné ce développement va ralentir", comme l'indique M. Girard, "la croissance restera positive". Et la consommation d'énergie continuera d'augmenter.

De quoi ravir les observateurs et les indices économiques, mais pas forcément les écologistes, En effet, 100% de l'électricité consommée à Mayotte provient de la combustion d'hydrocarbures, importés du Golfe, puis stockés et brûlés aux Badamiers. Créée en 1987, cette centrale capable de produire 40 MW est pour l'instant la seule. Mais elle devrait bientôt avoir une soeur à Longoni. "Pour répondre à la forte croissance et donc à la demande, nous devrions avoir un nouvel outil de production en 2007, avec une nouvelle centrale de production à Longonî", précise Denis Girard "Cette unité de production atteindra son apogée vers 2012-2015, avec 30 Mw". Autremerit dît, le pétrole a encore de belles années devant lui.

Pourtant depuis quelques mois, une réflexion est menée à la délégation à l'Environneinent (DE), un service du conseil général, pour limiter I'Împortation de cet or noir si recherché, si utile, mais aussi si cher et si dangereux. Car outre la pollution de l'atmosphère provoquée par la oombustion d'hydrocarbures, les risques de naufrage d'un pétrolier sont bel eet bien présents. Ils iront même grandissants avec l'augmentation des passages de ces bateaux dans le lagon.
"Quand il y aura 10 ou 20 tankers qui viendront tous les mois à Mayotte, il y aura un vrai risque d'accidnt", sinquiète Mohamed Sag directeur de la délégation à l'Environnement. En 1985, 2.000 m3 de fuel étaient importés. Un chiffre qui pourrait atteindre les 18.000 m3 en 2008, selon la DE... -

Pour Mohamed Saïd, il convient donc de limiter cette importation. Une limitation qui passe par de nouvelles sources de production d'énergie, Le nucléaire et l'hydraulique à grande échelle étant irréalisables dans une si petite Île, restent les énergies renouvelables, pour certaines gratuites, inépuisables et non polluantes. Y y a plusieurs possibilités à Mayotte", indique-t-il. "Une étude réalisée récemment a permis d'avoir une idée plus précise sur la problématique de la production d'énergies renouvelables Nous y réfléchissons".

Mais si certaines techniques sont exploitables (éolien, solaire, biogaz ... ), les premiers résultats de cette étude montrent que ces énergies n'apporteront qu'une infime part des besoins de l'île. "Il ne faut pas se leurrer", pense M. Girard, "la production à base d'hydrocarbure représentera toujours 80 à 90% de l'énergie produite ici. Les outils alternatifs n'auront qu'une faible part". Des outils "à la marge". selon ce dernier, mais qui permettraient tout de même de limiter les frais.

L'autre solution passe par une prise de conscience générale. "Il faut arriver à maîtriser sa consommation, En matière d'économie d'énergie, on a de grosses lacunes à Mayotte", indique M. Said. "Certaines installations consommatrices d'énergies comme les lampes ou la climatisation ne tiennent pas compte des nouvelles technologies plus économes". En outre, "il n'y a pas- ici une culture de l'économie d'énergie ". Selon lui, "il y a donc un travail énorme à faire dam ce sens. On pourrait réduire la consommation (le 30% si on faisait de meilleurs choix et que lotit le monde s'y mettait ".

Comment? Individuellement déjà : "Il suffit de couper la clim' quand on quitte son bureau pour aller manger, ou aller à une réunion ; éteindre la lumière... Dans certains bureaux, il fait tellement froid que les gens qui y travaillent portent des pulls !", s'indigne le délégué à I'Environnement. "On doit donc éduquer les gens," afin qu'ils comprennent que l'électricité est cause de pollution. Mais ce n'est pas tout: "On doit aussi faire de meilleurs choix dans le matériel, Les climatisations collectives pour les gros bâtiments consomment moins, mais à Mayotte la plupart sont individuelles, Ça coûte plus cher, ça consomme plus, et visuellement c'est moche. " Idem pour les lampes basse consommation : elles existent mais peu de bâtiments en comptent. "Le Conseil général a le pouvoir, s'il le veut, d'imposer de telles technologies", ajoute Mohamed Saïd, qui assure que "les élus du Conseil général sont conscients de ces problèmes" - pour preuve : une personne devrait être prochainement embauchée pour traiter uniquement de cette question. Reste au "monde du privé de s'investir là-dedans".

Denis Girard, lui, est d'accord "Nous devons pousser n'os usagers à avoir une consommation plus rationnelle ". Car les idées pour trouver des alternatives, c'est bien, mais encore faut-il que les citoyens sachent qu'ils ont eux-mêmes le pouvoir de changer la donne.

R.C.

Quelles énergies renouvelables à Mayotte?

Une étude réalisée en 20W énumère les énergies renouvelables qui pourraient être développées à Mayotte.

Les énergies renouvelables

Le photovoltaïque - conversion de la lumière (chaleur) en électricité. Un panneau capte la lumière du soleil et la transforme en électricité. L'éolien - conversion du vent en électricité. L'éolienne fonctionne comme une dynamo de vélo, entraînée par une hélice qui tourne grâce au vent, produisant ainsi de l'électricité. La micro-hydraulique - conversion de l'eau en électricité.

En captent à travers une conduite l'eau d'une chute vers une turbine couplée à un générateur électrique, on peut produire Cie l'électricité. Le bois-énergie - combustion du bois. Cela consiste en la valorisation énergétique des sous-produits forestiers (branchages, petits bois, etc.) et industriels (écorces, sciures, copeaux, etc.). Le biogaz - un gaz produit par la méthanisation de la matière organique. Composé majoritairement de méthane et de gaz carbonique, c'est un gaz combustible qui constitue une source d'énergie renouvelable. La méthanisation est un procédé naturel de dégradation de la matière organique par des bactéries en l'absence d'oxygène. Elle se produit "spontanément à l'intérieur des Installations de stockage des déchets (décharges).

Les éoliennes

Il y a des sites susceptibles de répondre aux caractéristiques", explique M. Saïd, "mais il y aura un problème de fréquence, car ici il y a du vent 6 mois dans l'année, mais les 6 autres mois il n'v en a pas; c'est un handicap". S'il se dit déçu par les résultats de l'étude - 'C'était un gros espoir pour nous" M. Said croit que l'utilisation d'éoliennes est "une option envisageable". Quatre sites pourraient accueillir des éoliennes sur terre: Handréma, avec un potentiel de 2 à 4 MW; La Vigie (potentiel : de 1,5 à 3 MW) ; Mlîha (potentiel : de 1,5 à 3 MW) ; et Nftsamboro (potentiel : de 5 à 12 MW). L'ensemble pourrait ainsi permettre de produire 22 MW. "C'est énorme", indique M. Saïd. "Si cétait toute l'année, ça serait très bon mais avec seulement six mois de fonctionnement, on ne pourra pas se passer de la production à base d'hydrocarbures".

Les chauffe-eau solaires

"De plus en plus de gens veulent chez eux de l'eau chaude il faut donc développer les chauffe-eau solaires", indique-t-on à la DE. "Les chauffe-eau électriques sont des gros consommateurs d'énergie Or ici, les solaires peuvent donner une eau qui peut aller jusqu'à 80 à 90 degrés, c'est largement suffisant C'est un créneau très important, car cela concerne les hôpitaux, les future cantines, les restaurants, mais aussi les particuliers.

Le photovoltaïque

Le potentiel de cette technique est énorme à Mayotte. Tout est réuni pour que ça marche bien ici", se réjouit M. Saïd. En effet selon l'étude, la capacité solaire du territoire est "exceptionnelle". Des unités pourraient produire deux fois plus qu'en France, et en plus toute l'année!", affirme le délégué, Cette technique pourrait servir notamment à l'éclairage public. "Pour éclairer les bâtiments, les routes, les rues, c'est possible avec le photovoltaïque. En plus c'est moins cher : dès qu'il y a 3 ou 4 installations, le coût d'investissement est plus faible C'est donc un créneau à exploiter pour les communes. Il n'y a plus de raisons pour que les communes investissent de manière aveugle: le lampadaire solaire, la commune n'a plus rien à payer après et c'est une technique réalisable ici C'est une économie d'énergie conséquente, et de finances aussi, car l'éclairage public coûte très cher, actuellement les lampadaires consomment beaucoup, il y a tout à revoir A nous d'accompagner les communes dans leurs choix".

Le biogaz

Altemative envisagée par la délégation mais aussi par EDM : "La combustion de biogaz, à la décharge de Hamaha permettrait de produire 400 Kw/h", annonce M. Girard. "Il semble qu'il y ait une bonne capacité car 60% des déchets à Mayotte sont biodégradables", ajoute M. Sifid. Le fonctionnement de cette technique est simple : on fait brûler les déchets compostables, qui se transforment en biogaz, produisant de l'énergie. "C'est possible, mais pour ça il faut mettre en place le tri des déchets", indique toutefois M. Saïd.

La micro-hydraulique

Relief pentu oblige, le réseau de l'eau à Mayotte comporte une multitude de freins pour limiter la pression de l'eau. Des petits moulins installés dans ce réseau d'eau potable, à la place des freins, permettraient de produire de l'énergie grâce à la puissance de l'eau. Technique récente, elle devrait être expérimentée dans l'île en 2005 et 2006.

 
 
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