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Données démolinguistiques
La
population, qui est estimée à 170 000 habitants, représente
un certain brassage ethnique. En effet, la population est composée
de Mahorais, l’ethnie principale, ainsi que d’Indiens, de Noirs
africains, de Malgaches, de métis et de Blancs appelés M'Zungu
(sing.) et Wazungu (plur.). Les Mahorais de Mayotte parlent le mahorais appelé
shimaoré dans une proportion de 61 %, mais aussi la variété
linguistique de la Grande-Comore, le grand-comorien ou shingazidja; celle
de Mohéli, le mohélien ou shimwali; et celle d’Anjouan,
l’anjouanais ou shindzuani; ce sont toutes des langues comoriennes dérivées
du swahili appartenant à la famille bantoue; d’ailleurs, la plupart
des langues parlées dans le sud de l’Afrique appartiennent à
cette même famille.
Les langues
comoriennes appartiennent au sous-groupe du bantou oriental, lequel comprend
également le swahili. Le foyer originel des langues de ce groupe serait
situé au Kenya; par la suite, chacune d’elles évolua différemment
au gré des mouvements migratoires entre le continent et les îles
comoriennes. À partir de la colonisation française, les langues
comoriennes et le swahili se sont différenciés progressivement
au point où l’intercompréhension est devenue difficile.
Les Mahorais scolarisés ont le français comme langue seconde.
Les Malgaches
forment la minorité la plus importante; ils parlent le malgache sakalava
(26 %) ou le malgache antalaotsi comme langue maternelle et généralement
le mahorais ou le français comme langue seconde; le malgache fait partie
des langues de la famille austronésienne.
Quant aux
Indiens, ils constituent une minorité musulmane shiite de rite ismaélien
et parlent entre eux le goujarati, une langue indo-iranienne (famille indo-européenne).
Pour leur part, les Noirs africains utilisent le swahili (2 %), mais connaissent
aussi le mahorais, parfois le français.
Les Blancs
ou Wazungu ne connaissent généralement que le français
(1,6 %). On compte aussi une toute petite minorité de Métis créolophones
descendant des Noirs ou des Blancs originaires de l’archipel des Mascareignes
(île Maurice, île Rodrigues et île de La Réunion).
On estime que 35 % des insulaires parlent le français comme langue seconde.
La très
grande majorité des habitants de l’île pratique l’islam
animiste (97,1 %); il ne reste que 2,9 % de chrétiens (Blancs et Métis).
En raison de l’importance de l’islam, Mayotte possède deux
systèmes de lois dont l’un est en français, l’autre
en arabe classique: d’une part, le droit pénal français
et, d’autre part, le droit comorien traditionnel islamique qui comprend
le droit foncier et le droit civil. Ce sont les cadis, des juges musulmans exerçant
des fonctions civiles et religieuses, qui appliquent le droit comorien. Les
citoyens de Mayotte peuvent choisir le droit commun français, mais en
ce cas ils doivent renoncer à la polygamie autorisée par le droit
comorien. En 2003 a été votée une loi qui interdira à
terme la pratique de la polygamie.
On compte
deux villes importantes à Mayotte: la capitale, Mamoudzou,
avec 31 000 habitants dans la Grande-Terre, et Dzaoudzi
avec 19 000 habitants dans la Petite-Terre (recensement
2002 de Mayotte).
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