En venant à Mayotte, oubliez tout du confort métropolitain. A moins que vous ne soyez particulièrement fortuné... Et en fait, ça tombe plutôt bien : on ne vient pas à Mayotte pour ça ou alors on s'est trompé d'avion. Ceux qui connaissent les autres territoires français d'outremer risquent aussi d'être surpris, pensant retrouver à Mayotte ce qu'ils ont connu aux Antilles ou en Nouvelle-Calédonie. Alors que Mayotte, c'est l'Afrique avant tout. Donc, habitat spartiate. Le logement type se compose de trois pièces : une salle commune et deux chambres, augmenté la plupart du temps d'une varangue. La plus grande partie de la journée se passe dehors, sous la varangue, à l'abri du soleil ou de la pluie. Le confort se résume à l'eau courante, sans chauffe-eau et à l'électricité. Les sols carrelés ne sont pas une généralité. Nombre de "cases" se contentent d'un sol bétonné. Ce type de case se loue au minimum 300 € par mois. En brousse ou dans certains villages autour de Mamoudzou, il est possible de trouver des cases un peu moins chères, mais à peine et au prix de nombreuses recherches.  Une typique "Case SIM" dans le nord de l'île. Si l'on veut la classe au-dessus, il faut chercher dans les "mzoungoulands". Cette appellation, un peu péjorative, est donnée aux quartiers spécialement destinés aux "mzoungous" (métropolitains). Là, les cases sont beaucoup plus coquettes avec jardin, pelouse, eau chaude, climatisation parfois... Et beaucoup plus chères : 750 € /mois minimum. Les terrains sont bien entourés, protégés, équipés de grilles, etc... Ce qui ne les empêche pas d'être régulièrement visités par les monte-en-l'air. Il faut dire qu'ils représentent une cible privilégiée, bien en vue. Honnêtement, venir à Mayotte pour vivre dans ces quartiers est un peu dommage. La vie y est sinistre dès le soir tombé. Essayez plutôt de trouver une case dans un endroit "normal". La sécurité de vos biens n'en sera pas amoindrie et vous aurez une chance de connaître vraiment Mayotte.  1Dans les rues de Mamoudzou, de petites cases simples, mais vivables.1 Pendant longtemps, la S.I.M. (Société Immobilière de Mayotte) a été à peu près le seul loueur de Mayotte. C'est donc elle qui a fixé le montant des loyers. Ils étaient "adaptés" aux salaires des expatriés qui sont très confortables. Le nombre de métropolitains travaillant avec un contrat local, nettement moins avantageux (beaucoup moins...) va croissant, les loyers n'ont pas suivi cette courbe descendante. Les propriétaires mahorais se sont alignés sur les prix de la SIM, mais offrent rarement les mêmes prestations. Le logement social, destiné aux mahorais et leur permettant d'accéder à la propriété a été très largement financé par les loyers payés à la S.I.M. Officiellement, ces cases proposées aux mahorais qui peuvent devenir propriétaire de leur case pour 3600 € environ, ne peuvent pas être louées. En réalité, elles le sont souvent et amènent un revenu régulier facile. De véritables fortunes sont en train de se faire dans la société mahoraise autour de l'immobilier. La rentabilité financière de l'immobilier est en effet énorme. Une case louée 300 € par mois (net d'impôts...) ne coûtera guère plus de 15000 € à la construction. Faites le calcul. Et nous faisons abstration des primes et autres avantages financiers donnés aux mahorais dans le cadre la rénovation de l'habitat.
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