Dans la petite île, située au nord de Madagascar, le « kwassa kwassa » est bien connu. Cette petite embarcation rapide est utilisée depuis des années par les passeurs pour transporter des centaines, voire des milliers de clandestins, à partir des Comores. Des filières permettent ensuite de rejoindre La Réunion ou de vivre, en toute illégalité, sur ce petit morceau de France de l'océan Indien. Récemment, l’Etat a décidé d’endiguer ce flot de plus en plus important. Seulement voilà, les moyens mis à la disposition des autorités françaises de Mayotte étaient pour ainsi dire, dérisoires. Il y a peu, la marine n’alignait qu’une dizaine d’hommes et quelques navires âgés, qui ne disposaient même pas de radio, alors que l’île était dépourvue de radar. Autant dire qu’intercepter en pleine nuit des Kwassa Kwassa, évoluant à vive allure au large et dans le plus grand silence près des côtes, le tout, au ras de l’eau, relevait du challenge. Pour remédier à ces lacunes, la marine a reçu des moyens nautiques modernes et s’est dotée d’un radar. Opérationnel depuis quelques jours, ce système de surveillance à longue portée est capable de détecter une embarcation à 30 cm au dessus des flots. Premier coup de filet Les autorités françaises ont mené la semaine dernière leur première opération anti-immigration clandestine avec ces nouveaux moyens. Au large, le patrouilleur La Rieuse et les vedettes de la Police aux Frontières (Paf) et des Douanes étaient postés en embuscade. A la tombée du jour, l’ampleur du trafic a pris la forme de plusieurs échos. Deux embarcations sont interceptées en quelques heures. Sur la première, quarante personnes sont entassées dans des conditions déplorables, tapis au milieu des chèvres. Plusieurs kilos de cannabis sont même cachés dans les flancs du bateaux, relève le journal réunionnais Clicanoo (*). Un second Kwassa Kwassa est arraisonné dans la nuit. Plus de vingt personnes sont interpellées et prises en charge par la Paf. Les coups de filet dans ce genre vont être multipliés dans les prochains mois, avec l’espoir de casser le trafic. Ce marché humain a déjà coûté de nombreuses vies, les embarcations, surchargées, coulant fréquemment entre les Comores et Mayotte. Pour parfaire le dispositif de surveillance, un second radar est en cours d’installation sur les hauteurs de l’île. 23/11/2005 Source : Mer et Marine
|