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80 garde mobiles, plusieurs tonnes de matériel et un blindé sont arrivés par Transall en fin d'après-midi afin de parer à toute éventualité de reprise des violences sur l'île de Mayotte en proie à de violentes manifestations depuis ce jeudi matin. L'ex-président Bacar a été exfiltré vers l'île de la Réunion et les autorités espèrent que cette mesure va calmer les esprits. "Sa présence à Mayotte en faisait un élément de fixation" a dit le Préfet de Mayotte qui s'exprimait sur la chaîne locale Télé Mayotte. Il a souligné que l'éloignement de Mayotte vers la Réunion n'excluait pas qu'il soit par la suite ramené vers les Comores si sa demande d'asile politique était rejetée. Il s'est ensuite longuement exprimé sur le "respect des principes de la Constitution Française" qui obligeaient à examiner cette demande d'asile. "La France soutient les Comores, elle a d'ailleurs participé à l'opération sur Anjouan". Revenant aux événements de la matinée à Mamoudzou au cours desquels les anjouanais de Mayotte s'en sont pris de façon violente à la communauté blanche, il a jugé que "ce qu'on voit sur ces images est inacceptable" et qu'il "ne peut admettre qu'on s'en prenne à une communauté précise". Vincent Bouvier a ensuite affirmé sa détermination à adopter "une attitude de fermeté" et à "faire respecter l'état français comme nous respectons la souveraineté de l'état comorien" : "je ferai tout pour que l'ordre soit rétabli" sans oublier de mettre l'accent sur la situation des étrangers à Mayotte, qu'ils soient en situation régulière ou non : "Je rappelle que les étrangers, même en situation régulière peuvent être frappés de mesures d'expulsion. Toute personne qui vit à Mayotte doit respecter les règle de la république". Le bilan officielComme toujours dans ce genre d'événements, les rumeurs ont couru toute la journée à Mayotte concernant les exactions perpétrées par les manifestants. On a même parler de morts. Fort heureusement, il ne semble pas que ce soit le cas. Le Préfet a donc dressé le bilan officiel de cette journée d'émeutes. "18 blessés ont été admis à l'hôpital de Mamoudzou dont 15 sont rentrés chez eux. Deux personnes sont restées en observation mais leur état n'inspire pas d'inquiétude. Une personne est toujours en réanimation". "Je tiens à préciser que sur ces 18 blessés on comptait cinq métropolitains". Des événements prévisibles?Si une telle flambée de violence était difficilement prévisible, ce qui a heurté le plus la population, c'est le manque de réactivité des forces de l'ordre. Pour le préfet, "si nos effectifs sont importants, ils sont malgré tout limités et nous sommes obligés d'aller là où les situations sont les plus urgentes". Un point de vue difficilement acceptable par les victimes, d'autant que le périmètre était, dans un premier temps, circonscrit aux alentours de l'embarcadère de la barge. Et Bacar ?Le président déchu a pris les airs pour l'île de la Réunion où il sera remis aux mains de la justice française dès son arrivée. Dans son interview sur Télé Réunion, le ministre de l'outremer -qui arrivera demain à Mayotte- s'est contenté de rappeler le principe de séparation de l'exécutif et du judiciaire et n'a donné aucun éclaircissement sur la situation présente ni sur la suite des événements. "Dès que M. Bacar arrivera à la Réunion, son sort sera entre les mains de la justice". "Ne me demandez pas combien de temps il restera à la Réunion, ce sera à la justice de trancher". "Il a enfreint les lois de la république" sans préciser lesquelles et quels chefs d'inculpation pouvaient être retenus contre lui. Il a simplement rappelé que "le droit international va s'appliquer : la France et l'Union des Comores se parlent, dialoguent". Le préfet de Mayotte avait été à peine plus explicite devant les revendications des manifestants qui reprochent à la France de "protéger un dictateur" : "Il ne s'agit pas de protéger un dictateur, il s'agit d'examiner la demande d'asile politique". Quand la journaliste de Télé Réunion évoque cet éventuel asile politique dont Bacar pourrait bénéficier, le secrétaire d'état en appelle, lui, au ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner : "C'est le ministre des affaires étrangères de la France qui devra décider en dialogue avec les Comores". Yves Jégo prolongera son voyage dans l'Océan Indien d'une journée, mais à la Réunion, pas à Mayotte. E.T.
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