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Mayotte : l'enseignement
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Dernière modification le : Dimanche 13 Avril 2008 à 19:06:27. |
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Les effort importants fournis ces dix dernières années en matière d'enseignement n'ont pas encore, loin s'en faut, rattrapé des décennies de quasi abandon par l'administration française. L'enseignement à Mayotte se heurte à un problème de taille : 90% de la population ne parle pas le français. Le nombre de personnes le parlant de manière correcte est infinitésimal. De plus dans plusieurs villages de brousse, les insituteurs mahorais font la classe en shimaoré. Ce qui laisse imaginer le niveau en français à l'arrivée des élèves au collège, pour ceux qui vont jusque là.
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L'enseignement à Mayotte
60% de la population de Mayotte a moins
de 20 ans...
Les effort importants fournis
ces dix dernières années en matière d'enseignement
n'ont pas encore, loin s'en faut, rattrapé des décennies
de quasi abandon par l'administration française.
L'enseignement à
Mayotte se heurte à un problème de taille : 90% de la
population ne parle pas le français. Le nombre de personnes le
parlant de manière correcte est infinitésimal. De plus
dans plusieurs villages de brousse, les insituteurs mahorais font la
classe en shimaoré. Ce qui laisse imaginer le niveau en français
à l'arrivée des élèves au collège,
pour ceux qui vont jusque là.
Un niveau alarmant
Le niveau moyen d'étude
des personnes âgées de vingt à trente ans va du
CM2 (à seize ou dix-sept ans) à la cinquième (atteinte
vers l'âge de vingt ans). Evidemment, les critères "sixième",
"CM2" ou "cinquième" n'ont rien à
voir avec ceux de la métropole. Le taux d'illétrisme est
impressionnant.
Travailler dans ces conditions
requiert un pouvoir d'adaptation peu commun pour les enseignants. Malheureusement,
il ne semble pas que l'adaptation au terrain soit partout aussi ingénieuse.
Pour nombre de foyers, le seul contact avec le français passe
par la télévision et ses programmes les plus affligeants
: séries américaines sur séries américaines
à l'eau de rose. Ce qui n'est pas fait pour promouvoir la langue
de Molière...

Des blocages culturels
Il n'est pas évident
que tous les mahorais aient bien compris l'importance de l'école.
Les familles ne poussent pas particulièrement leurs enfants à
suivre des études. D'autant qu'il faut quitter l'île pour
continuer après le BAC. Ce qui représente des dépenses
que très peu de familles sont à même de faire, même
si le système boursier est plus généreux qu'en
métropole.
La culture islamique prise
parfois par le petit bout de la lorgnette, aggrave ces blocages. Il
n'y a pas si longtemps, certains parents refusaient d'envoyer leurs
enfants à l'école des "mzungus", comme ils disaient,
par crainte que leur progéniture soit "pervertie".
Ces freins n'ont certainement pas complètement disparus, même
si l'école est obligatoire comme partout en France.
Heureusement, la bourse
d'étude versée à partir de la sixième aide
à faire tomber les tabous. Elle est parfois le seul revenu des
ménages.
Même les stagiaires,
adultes, qui se pressent dans les nombreux centres de formation manquent
singulièrement de motivation. Là aussi, il faut beaucoup
d'imagination au formateur pour arriver à captiver un auditoire
qui n'a pas été entraîné à se concentrer
pendant deux heures sur un sujet.
Côté matériel,
il faut souvent savoir faire avec des bouts de ficelles, mais cela n'est
pas propre à Mayotte... Ici plus qu'ailleurs malgré tout.
Les armoires à matériel, quand elles existent, sont souvent
vides... Chaque classe reçoit pourtant une dotation annuelle
d'environ 750 € pour l'achat de matériel.
Comme partout, il y a les
écoles des beaux quartiers (Petite Terre, notamment) et les écoles
de brousse. Et l'égalité des chances n'est pas encore
pour demain. On ne peut donc pas compter sur un phénomène
de "mimétisme" entre élèves de niveau
social élevé et les autres... qui vivent dans des foyers
où l'on n'a même pas été à l'école
et où l'on ne parle pas un mot de français, où
donc n'entre jamais un livre. Les décalages sont tellement énormes
que ce phénomène de mimétisme ne pourrait avoir
lieu. Au contraire, dans bien des cas, on assiste à un nivellement
par le bas : les élèves les plus éveillés
se retrouvent noyés et doivent souvent avoir l'impression de
perdre leur temps.
Quelques écoles
privées accueillent les élèves les plus fortunés
et dispensent un enseignement de niveau à peu près équivalent
à celui de la métropole.
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| Résultats
aux examens | Scolarisation
| Enseignement supérieur
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EXTRAIT DU RAPPORT ETABLI
POUR LE SENAT LORS DES DISCUSSIONS SUR L'AVENIR INSTITUTIONNEL DE MAYOTTE
(6 juin 2001)
6. L’école, symptôme des difficultés
et des progrès de Mayotte La scolarisation à Mayotte
représente bien l’ampleur des mutations déjà
accomplies et des progrès encore à réaliser. En
1977, seuls 20% des enfants étaient scolarisés et il n’existait
qu’un seul collège. Entre 1978 et 1997, le nombre d’élèves
est passé de 8.000 à 43.200. A la rentrée 2000-2001,
on compte 11.270 collégiens, 2.849 lycéens et 1.603 lycéens
professionnels, soit une progression de 78,17% par rapport à
1997. Mayotte compte aujourd’hui trois lycées professionnels
et trois lycées ainsi que 13 collèges.
A partir de 1985, des efforts considérables ont été
engagés.
Mayotte est confrontée au triple défi
d’une population largement non francophone (il faut donc envisager
l’enseignement du français comme langue seconde), de
la formation des enseignants et des besoins de constructions scolaires.
La création d’une centaine de classes
chaque année est ainsi nécessaire au strict point de vue
démographique pour le primaire, ainsi que 130 postes nouveaux
d’instituteurs par an, ce qui entraîne une augmentation
des classes en rotation (un groupe d’élèves le matin,
un autre l’après- midi) et un ralentissement de la pré-scolarisation
(qui concerne 70% des plus de trois ans), pourtant nécessaire
à un réel bilinguisme. Le schéma de formation prévoit
pour les 10 ans à venir un accroissement de 50% des effectifs
à scolariser dans l’enseignement primaire, un triplement
des élèves en collège et une multiplication par
10 des élèves en lycée.
De plus, si les cours sont assurés en français dans le
secondaire, ce n’est pas forcément le cas dans le primaire.
Environ 30% des instituteurs (principalement recrutés
dans les années 1970) ont un niveau très faible en
français. De plus, l’intégration d’enfants
d’immigrés pose problème puisqu’ils ne maîtrisent
pas la langue à leur arrivée et qu’il n’existe
pas de classes spéciales.
Le statut des 1.722 instituteurs et de l’Institut de formation
des maîtres est toujours en attente. La loi d’habilitation
du Gouvernement à prendre par ordonnances les mesures nécessaires
à la modernisation et à l’adaptation du droit applicable
outre-mer 1 adoptée définitivement le 31 mai 2001 doit
y apporter une réponse.
Si l’examen d’entrée en sixième, qui servait
à vérifier la maîtrise de la langue française
et auquel moins de la moitié des élèves réussissait
a été supprimé, il subsiste une évaluation
qui aboutit au même résultat. La mission d’information
de votre commission des Lois a déploré une insuffisance
lourde des capacités d’accueil en formation professionnelle
courte (CAP/BEP/Baccalauréats professionnels), qui serait
pourtant particulièrement adaptée aux besoins de Mayotte.
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