Données démolinguistiques sur Mayotte
Les langues comoriennes appartiennent au sous-groupe du bantou oriental, lequel comprend également le swahili. Le foyer originel des langues de ce groupe serait situé au Kenya; par la suite, chacune d'elles évolua différemment au gré des mouvements migratoires entre le continent et les îles comoriennes. À partir de la colonisation française, les langues comoriennes et le swahili se sont différenciés progressivement au point où l'intercompréhension est devenue difficile. Les Mahorais scolarisés ont le français comme langue seconde. Les Malgaches forment la minorité la plus importante; ils parlent le malgache sakalava (26 %) ou le malgache antalaotsi comme langue maternelle et généralement le mahorais ou le français comme langue seconde; le malgache fait partie des langues de la famille austronésienne. Quant aux Indiens, ils constituent une minorité musulmane shiite de rite ismaélien et parlent entre eux le goujarati, une langue indo-iranienne (famille indo-européenne). Pour leur part, les Noirs africains utilisent le swahili (2 %), mais connaissent aussi le mahorais, parfois le français. Les Blancs ou Wazungu ne connaissent généralement que le français (1,6 %). On compte aussi une toute petite minorité de Métis créolophones descendant des Noirs ou des Blancs originaires de l'archipel des Mascareignes (île Maurice, île Rodrigues et île de La Réunion). On estime que 35 % des insulaires parlent le français comme langue seconde. La très grande majorité des habitants de l'île pratique l'islam animiste (97,1 %); il ne reste que 2,9 % de chrétiens (Blancs et Métis). En raison de l'importance de l'islam, Mayotte possède deux systèmes de lois dont l'un est en français, l'autre en arabe classique: d'une part, le droit pénal français et, d'autre part, le droit comorien traditionnel islamique qui comprend le droit foncier et le droit civil. Ce sont les cadis, des juges musulmans exerçant des fonctions civiles et religieuses, qui appliquent le droit comorien. Les citoyens de Mayotte peuvent choisir le droit commun français, mais en ce cas ils doivent renoncer à la polygamie autorisée par le droit comorien. En 2003 a été votée une loi qui interdira à terme la pratique de la polygamie. De même, la justice traditionnelle est remplacée progressivement par la justice dite de "droit commun" : la même que dans les autres territoires français. Ce qui ne va pas sans poser quelques crissements de dents. On compte deux villes importantes à Mayotte: la capitale, Mamoudzou, avec 31 000 habitants sur Grande-Terre, et Dzaoudzi avec 19 000 habitants sur Petite-Terre.
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