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Mikidache

Lundi 1 Décembre 2008 - 14:49:06| Modifié le Jeudi 3 Septembre 2009
Mikidache est une bonne personne, car telle est la traduction de son nom. Ce Mahorais d\'origine malgache, naît à Mayotte en 1969 dans un milieu très ouvert aux multiples traditions musicales qui se croisent dans les îles de l’Océan Indien.
Mikidache
Crédit photo : DR

Les Comores sont formées de quatre îles de l’Océan Indien, situées entre Madagascar et l’Afrique continentale. Bien qu’elles aient leurs propres langue et culture, tout comme pour toutes les petites contrées isolées, c’est dans la musique que se révèle le plus clairement l’influence de leurs voisins plus grands. Dans ce pays pauvre mais pittoresque, le style le plus populaire est le twarab, avec une note incontestablement arabe, très proche du taarab de Zanzibar. Toutefois, les chants de Mikidache montrent une influence plus proche des sons malgaches qu’on écoute aussi dans la musique comorienne. Prenez par exemple sa façon de jouer de la guitare acoustique, qui rappelle fortement le marovany malgache (cithare sur caisse). “J’essaie de me rapprocher du son de cet instrument traditionnel dans ma manière de jouer et d’accorder la guitare,” explique le guitariste de 33 ans, aussi chanteur et compositeur. “Pour moi, la musique malgache est ‘complète’ dans ses harmonies et ses rythmes.

Mikidache avait seulement treize ans lorsqu’il commença à apprendre seul la guitare il y a vingt ans, et cela malgré l’opposition de sa famille. Après tout, qui pouvait vivre de la musique dans les îles de la Lune ? Pourtant, bientôt il jouait avec un groupe de jeunes musiciens appelé Ylang Ylang. À la surprise de tous, une tournée de deux mois à travers l’archipel montra qu’ils pouvaient réussir et, en 1986, le groupe s’envola pour Paris. Ils y restèrent trois ans, attirant l’attention des media français avec un single 12” et ils participèrent dans des concerts d’artistes africains et des Caraïbes de haut niveau.

Finalement, Mikidache retourna chez ses parents inquiets aux Comores, mais bien vite il revint en France pour terminer ses études. Après trois ans d’études, il décida de suivre son instinct et de retourner à la musique, bien qu’il dût travailler dans les restaurants McDonald à Marseille, Nice et ensuite Paris que pour joindre les deux bouts ! En 1986, il arrive en France, assurant la première partie de Burning Spear en 1987. C’est à cette époque qu’il rencontra deux des musiciens de Hima. Avec Jules Bikoko (contrebasse), Pascal Pallisco (accordéon), un batteur et un ingénieur du son, il parvint finalement à enregistrer son premier album solo, Kauli qui, à leur heureuse surprise, remporta le très convoité prix Découvertes RFI en 1999, ce qui lui donne l'occasion de se produire au New Morning et au Bataclan à Paris. Fort de son succès scénique, il sort son premier album "Kauli" en 2000.

Pour son deuxième album, il préfère prendre le temps de bien s’entourer professionnellement et « Himma » (debout) sort en 2004 sur le label World Connection. L’accordéoniste Régis Gizavo, le contrebassiste Jules Bikoko, le flûtiste Magic Malik, le bassiste Brice Wassy et le percussionniste Minino Garay sont de la fête et donnent toute leur saveur aux chansons délicates du sensible guitariste.

Mikidache tisse une musique sans complexes, qui emprunte à tous les patrimoines, un peu comme la culture de son pays, culture qui s'abreuve à toutes les civilisations. Il se fabrique avec la patience d'un artisan une musique où le maître mot réside essentiellement dans l'émotion provoquée par la rencontre avec l'Autre. Poète inspiré de la relation, Mikidache ambitionne donc d'embraser le monde par son jeu de guitare, afin de lui murmurer ses angoisses multiples. Angoisses devant un peuple [le sien] qui s'enfonce dans la douleur, au lieu de s'épanouir dans la richesse de ses mythes fondateurs. Angoisses devant ses contemporains, qui en viennent parfois à oublier jusqu'à leur propre humanité.

Armé de sa seule foi, Mikidache parle de partage, d'espoir, d'amour, de respect et de passion dans ses textes. Y compris de cet enfant qu'il a su rester et qui se remémore encore les vieilles contines jadis racontées par ses grand-mères. Mikidache nous invite à la ronde merveilleuse des soirs de pleine lune, une pratique bien courue dans son pays, autrefois surnommé «îles de la lune». Qui a dit que le rêve n'était plus de ce monde ?

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