La sécurité à Mayotte
Une délinquance en hausse constante
En 1993, on pouvait encore lire dans une brochure consacrée à Mayotte "Vous pouvez laisser votre voiture ou votre case ouverte sans le moindre risque." Les choses ont bien changé! L'une des premières choses que quiconque apprend quand il s'installe à Mayotte, c'est de se contenter du minimum. Non seulement en raison des prix pratiqués, mais également pour cette raison qu'on est à peu près assuré d'avoir à subir un vol dans la première année, voire dans les premiers jours. Simple larcin ou cambriolage en règle. Quand ce n'est pas deux fois, trois fois. Bref, le vol est à Mayotte une véritable institution qui semble ne trouber personne d'autre que les victimes. Et encore... Rien n'échappe aux prédateurs : les voitures qu'on peut retrouver privées d'une roue, d'un pare-brise, d'un tableau de bord... Les motos, scooters et vélos qui prennent la route d'Anjouan... qui compte peut-être davantage de deux roues que Mayotte... Anjouan est d'ailleurs une véritable caverne d'Ali Baba : chaînes hi-fi, téléviseurs, magnétoscopes, cd audio. Le tout-Mayotte technologique s'y retrouve.
Les autorités Anjouanaises ont d'ailleurs leur part de responsabilité dans l'évasion des véhicules sur leur ile. Chacun d'entre eux étant muni d'un certificat d'immatriculation, il n'est pas difficile de vérifier que le conducteur d'un véhicule en est bien le propriétaire... surtout sur une île d'à peine plus de quatre cent kilomètres carrés!
Mais personne ne s'émeut de cette situation qui semble tout à fait normale, que ce soit à Anjouan, à Mayotte, parmi la population. Cette "normalisation" touche même les administrations. A tel point que lors du dépôt de plainte au commissariat de Mamoudzou, on s'étonnera que vous vous déplaciez pour ça, même s'il arrive, de façon fortuite et exceptionnelle qu'un voleur soit attrapé et un butin retrouvé. Très peu de plaintes, sauf pour les véhicules (quand c'est le véhicule entier qui disparaît...), ce qui permet d'afficher des statistiques de délinquance à peu près équivalentes à celles de la métropole. Evidemment, ces chiffres rassurants font sourire (façon de parler) les personnes qui vivent à Mayotte.
Ceci dit, il ne faut pas dramatiser : on apprend à prendre les précuations nécessaires et il est possible avec de simples barres de sécuriser son habitation. Les délinquants n'attaquent pas encore au bazooka! On a tôt fait d'apprendre à ne rien laisser dans son véhicule, mais est-ce qu'on ne prend pas ces précautions quand on a l'imprudence de laisser sa voiture dans certains quartiers de Marseille ou d'autres villes? De plus, on peut faire le même constat dans tous les DOM-TOM... et plus généralement dans toutes les régions où sont réunies comme à Mayotte toutes les conditions pour qu'elle se développe.
Un point positif : les agressions physiques sont rares.
Même si les agression existent et sont en augmentation, elles restent relativement rares et se limitent souvent à de l'intimidation. Ce qui n'est pas fait pour entretenir un climat de sécurité, malgré tout. Pendant de longues années, seuls les métropolitains étaient victimes de ces vols. ce n'est plus le cas aujourd'hui et de nombreux mahorais sont également visés. Il faut dire que les revenus ont considérablement augmenté ces dernières années et les mahorais sont très friands de nouvelles technologie. Ils sont souvent les mieux équipés en matière de vidéo, son ou informatique. Toutes choses tentantes pour les voleurs.
Une loi du silence inquiétante
Si vous parlez de délinquance à quiconque dans la rue, on vous répondra invariablement : "c'est les anjouanais", comme à Marseille, on vous dirant "c'est les arabes". Seulement, insularité oblige, un autre phénomène n'est guère encourageant : jamais un habitant du village où a eut lieu un vol de dénoncera l'auteur de ce vol, bien connu de tous la plupart du temps. Et il ne s'agit évidemment pas d'un "anjouanais", mais d'un "bon mahorais", muni de tous ses papiers et parfaitement en règle. D'ailleurs, s'il s'agisasit réellement d'un "étranger", les habitants sauraient lui faire passer l'envie de recommencer. Cela crée un trouble, notamment dans la communauté métropolitaine qui sait maintenant qu'elle ne peut compter sur personne : ni les habitants qui pratiquent l'olmerta, ni les forces de polices qui sont complètement désarmées devant ce phénomène. Cette situation explosive ne pourra aboutir qu'à des drames : les victimes n'ont d'autre solution que d'assurer leur défense elles-même : on sait à quoi cela aboutira nécessairement un jour ou l'autre.
Des causes évidentes
Les causes de cette délinquance sont faciles à trouver :
- différences énormes de revenus ;
- marginalisation des sans-papiers qui, privés de toutes ressources, n'ont d'autre choix que le recours au "mkara-kara", au système D et aux activités illicites...
- désoeuvrement de nombreux jeunes déchirés entre la culture "Nike" et la culture "noix de coco"... De quoi être déboussolé!
Plus inquiétante est la normalisation de cette situation et la politique de l'autruche pratiquée par les autorités : les vols prennent une telle ampleur qu'on peut craindre que des réactions violentes finissent par se faire jour.
Les chiffres de la délinquance à Mayotte
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