A Mayotte, il convient de bien réfléchir avant de s'équiper (j'allais dire s'encombrer...) d'une automobile et chaque mois qui passe renforce ce besoin outre que le nombre la fréquence des taxis rendent les déplacements relativement faciles (exception fai
Informations pratiques sur Mayotte : votre véhicule
Entretenir une voiture à Mayotte : le cauchemard
A Mayotte, il convient de bien
réfléchir avant de s'équiper (j'allais dire "s'encombrer"...)
d'une automobile et chaque mois qui passe renforce ce besoin d'auto-analyse...
Outre que le nombre et la fréquence des taxis rendent les déplacements
relativement faciles (exception faite de la nuit et du week-end où le nombre de taxis
est nettement plus restreint), la voiture à Mayotte est avant tout source de tracas.
Mamoudzou et sa banlieue (ici Kawéni) sont engorgés de circulation
L'entretien : on se demande parfois si l'on a acheté un véhicule pour son usage personnel ou pour le garagiste. Entre les pièces qui n'arrivent pas et la compétence toute relative de la plupart des "professionnels" de l'automobile, il est fréquent que l'on se rende compte au bout de quelques mois que la voiture a passé plus de temps au garage que sur les routes... Les réparations qui immobilisent votre véhicule pendant PLUSIEURS MOIS ne sont pas rares. Ne parlons pas du prix des pièces. Il est parfois plus sûr, plus rapide et plus économique de les faire venir par soi-même de métropole !
D'ailleurs, il faut savoir également que le plupart du temps, le "garagiste" vous laissera la charge de trouver la pièce manquante !
Le diagnostic même semble souvent aléatoire. On vous imposera le changement d'une pièce pour finalement s'apercevoir que la panne ne vient pas de là. Et de recommencer le parcours du combattant à la recherche de la pièce introuvable... en espérant que cette fois-ci ce sera la bonne!
Les vols et dégradations volontaires : s'il y a peu de chance pour qu'un véhicule soit volé (pour peu qu'il ait quatre roues), il n'est pas rare qu'on le retrouve amputé d'une ou plusieurs pièces. Les marques les plus répandues (les petites cylindrées) sont les plus convoitées. On a même vu des voitures prendre la route d'Anjouan en pièces détachées sur des barques Yamaha! Laissez ne serait-ce qu'une issue de votre véhicule ouverte et vous pouvez être assuré qu'il sera visité, ne serait-ce que pour prendre un vieux bidon vide ou un briquet, même si votre absence ne dure que quelques minutes... Et l'on n'hésitera pas à fracasser une vitre pour un larcin ridicule! On a vu des réservoirs d'essence percés pour récupérer quelques litres d'essence destinés à faire le plein d'un... scooter! Le reste de l'essence s'épanchant bien entendu sur la route! Eviter de craquer une allumette à ce moment-là.
Les routes : ces deux premiers points expliquent l'état passablement délabré de la plupart des voitures à Mayotte. Maintenir un véhicule en état de passer un contrôle technique relève de l'exploit !
Mais l'état des voiture n'est rien en regard de l'état des routes qui frôlent la caricature! Pour les avoir testées, les pistes de Tanzanie sont en bien meilleur état. A vrai dire, les routes de Mayotte sont les pires de la région, loin derrière celles d'Anjouan, Grande Comore, Mohéli ou même Madagascar où l'on trouve, malgré la taille du territoire, des routes correctes! Cette situation reste assez inexplicable : ce ne sont pas les moyens qui manquent! A la Direction de l'Equipement on prétexte le relief escarpé et la difficulté qu'il y a à couper l'unique route qui fait le tour de l'île. Il faudra bien pourtant un jour les refaire, ces routes! Plus le temps passe et plus la simple "reprise" ne suffit plus. La presque totalité du réseau routier est à refaire de fond en comble. Un journal bi-hebdomadaire de l'île, avec le bon goût et l'élégance qu'on lui connaît, titrait début 2003 : "Les beaux trous du cru", montrant l'exaspération grandissante des utilisateurs devant des nids-de-poule atteignant vingt-cinq à trente centimètres de profondeur : plus haut qu'un trottoir! Au beau milieu d'une route et de nuit, ça peut faire très mal. Quand on fait ce constat, vient forcément une question : comment la Préfecture peut-elle prétendre imposer un contrôle technique identique à celui qui est pratiqué en métropole alors qu'elle est dans l'incapacité de maintenir des routes dans un état à peu près correct? c'est à dire équivalent à celui de la plus petite route des Alpes ou du Massif Central dans les années soixante?
Si après tout cela vous persistez dans votre projet de faire venir ou d'acquérir une voiture sur place, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu! En revanche si vous avez un peu d'amitié pour votre vieille 205, laissez-la donc dormir au garage... ou revendez-la