Election des 350 grands électeurs
Le vendredi 2 juillet s'est déroulé
l'élection des conseillers municipaux appelés à participer
aux élections sénatoriales du dimanche 26 septembre Le collège
des grands électeurs est composé de 350 élus. La
Collectivité aura deux sièges au Sénat au lieu d'un
seul, ce qui aiguise les appétits.
2004 : l'année des élections.
Les cantonales de mars dernier ont réservé une surprise
de taille avec le changement de majorité au Conseil général
et la perte du contrôle de l'assemblée départementale
par le principal parti politique de l'île, l'Union pour un Mouvement
Populaire (UMP). L'invalidation du scrutin dans le canton de Mtsangarnouji
et l'organisation dune nouvelle élection risquent de faire basculer
de nouveau une majorité qui ne tient qu'à une voix. Après
les cantonales, les leaders politiques n'ont pas beaucoup travaillé
sur le terrain pour mobiliser les électeurs à l'approche
des élections européennes du mois de juin. Cet enjeu important
n'a pas été suffisamment expliqué à la population,
qui a boudé les urnes, malgré les négociations entamées
à Paris et à Bruxelles en vue de l'accession de la Collectivité
au statut de Région ultrapériphérique (RUP) de l'Union
Européenne.
A peine remis de leurs émotions,
les habitants se tournent déjà vers les sénatoriales,
qui se dérouleront après les vacances d'été,
à la rentrée, le dimanche 26 septembre. Cette fois, ils
ne sont pas directement concernés puisque ce sont les grands électeurs
qui sont sollicités. Le nombre des délégués
pour le collège électoral sénatorial a été
fixé à Mayotte à 350 électeurs, répartis
comme suit : 1 député, 19 conseillers généraux
et 330 délégués communaux sur un total de 501 conseillers
municipaux (voir tableau). Les 17 municipalités locales désigneront
leurs représentants ce vendredi 2 juillet.
Vieux routiers et Jeunes premiers
Les candidatures ne seront sans doute
pas annoncées par les formations politiques aujourd'hui. Le suspens
perdurera encore durant le mois d'août. Ceux qui sont pressentis
mettront à profit la période estivale pour affiner leur
stratégie de campagne et faire du lobbying auprès des grands
électeurs.
Au stade actuel, l'on sait au moins une chose : la Collectivité
départementale de Mayotte sera représentée pour la
première fois par deux sénateurs au palais du Luxembourg.
Marcel Henry, titulaire du poste depuis 1977, date de sa première
' élection, sera-t-il candidat à sa propre succession ?
Rien ne permet de l'affirmer. La santé fragile du vieux routier
laisse planer le doute. Son parti, le Mouvement Départementaliste
Mahorais, se prépare à toute éventualité :
un départ en retraite n'est pas exclu, après plus de 60
de lutte pour l'ancrage de Mayotte dans la République française.
Le retrait probable du sénateur Marcel Henry ou son maintient hypothétique
pimente la donne. De grands dirigeants du MDM se verraient bien prendre
la suite, en tandem avec des jeunes premiers sevrés de mandats
et de fonctions électives. Du côté de l'UMP aussi,
un binôme jeune?vieux ne laisse pas indifférent. Reste que
les petits partis (PS, PCRM, Verts, MDC, MPM) pourraient compliquer les
calculs par le jeu des alliances, comme ce fut le cas pour l'élection
du président du Conseil général où un outsider,
Saïd Omar Oili, sans étiquette, a fait mentir tous les pronostics
et remporté le scrutin aux dépends des grandes formations
politiques.
Zaïdou Bamana
Mayotte Hebdo |